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05 octobre 2007

Paula Radcliffe : De retour après sa grossesse

de4ff6fbcf5662bbc31abac447f2c1c0.jpgBattue dimanche dernier sur « semi » pour son retour de grossesse, l’Anglaise retrouvera le marathon à New York, dans un mois.
SI C’ÉTAIT À REFAIRE, elle ne le referait pas. Non, rassurez-vous, on ne parle pas de son bébé, Isla, chère tête blonde de neuf mois qui accompagnait sa championne de maman le week-end dernier à Newcastle. Cela faisait déjà plusieurs années que Paula Radcliffe parlait de fonder une famille et, en 2006, après un début d’année pourri par une blessure au pied, le moment lui a paru opportun, à trente-deux ans. « On observe que, d’une façon générale, les grossesses des sportives font suite à une médaille ou à une blessure, note Carole Maître, gynécologue à l’INSEP. Dans ce dernier cas, cela permet de remettre son corps au centre de la démarche du haut niveau. »
À Newcastle, dimanche, le corps de la star anglaise n’a pas aussi bien répondu que par le passé. « L’instinct de course revient tout de suite mais cela prend du temps pour que le corps suive », expliquait celle qui venait de subir, à domicile, sa première défaite sur semi-marathon depuis 1999. Mais, après une coupure de vingt et un mois, sa performance de rentrée, 1 h 7’53’’, était plus qu’honorable. « J’ai été surprise par Kara (Goucher, débutante sur la distance et surprenante première en 1 h 6’57’’) mais, quand elle est partie, je me suis dit de ne pas paniquer parce que j’allais vite. Moins de 1 h 8’, ce n’est pas comme si c’était un total désastre ! » Loin de là. Seules deux femmes sont allées plus vite cette année, quatre l’an passé et deux en 2005. En plus, Radcliffe avoue qu’elle parcourait  encore plus de 220 kilomètres la semaine précédente à l’altitude de Font-Romeu, dans les Pyrénées, où elle réside.
En rentrant de Newcastle, Paula et son entraîneur de mari n’ont donc pas mis longtemps à chasser la déception. La championne a annoncé mercredi qu’elle courrait le marathon de New York, le 4 novembre prochain. « Il me reste assez de temps pour être prête. » Pour la recordwoman du monde (2 h 15’25’’ en 2003), le défi s’annonce pourtant relevé face à Catherine Ndereba, championne du monde en titre, Elena Prokopcuka, double tenante à New York, ou Gete Wami, récente lauréate à Berlin. Mais Manhattan avait réussi à l’Anglaise quand, en 2004, elle y avait rebondi en s’imposant pour trois secondes, moins de trois mois après son abandon aux Jeux d’Athènes. Alors, pourquoi ne pas s’y relancer sur le chemin des Jeux de Pékin, objectif suprême de Radcliffe ? Si c’était à refaire, Radcliffe préférerait peut-être la césarienne au marathon de vingt-sept heures de travail qu’elle a infligé à son corps pour donner naissance à sa fille. « C’est plus dur qu’aucun marathon, assure l’Anglaise. Mais, au bout du compte, je pense raiment que ma grossesse a rendu mon corps plus fort. Je suis aussi plus heureuse, plus équilibrée, et ça doit se ressentir en course. » Le docteur Carole Maître en est convaincue : « Plus encore que pour le corps, c’est bénéfique sur le plan mental. Revenir de grossesse est un nouveau défi, une nouvelle motivation pour une sportive qui peut parfois connaître une forme de lassitude. Cela redynamise. »
De fait, les exemples de mamans championnes sont désormais légion. Le mois dernier, Lindsay Davenport remportait à Bali son premier tournoi de tennis trois mois après avoir accouché. Le mois d’avant, à Osaka, l’Australienne Jana Pittman redevenait championne du monde du 400 m haies huit mois après la naissance de son fils… Toutes se disent plus dures au mal aujourd’hui. Radcliffe, elle, raconte cette sortie pyrénéenne, un jour récent d’averse de grêle : « Gary (son mari) m’a dit qu’il retournait à la voiture mais, moi, j’ai continué. Courir m’a manqué et je ne le prends plus pour quelque chose d’acquis. »
Et gagner ? En se relançant dans le grand bain des 42,195 km dès New York, Radcliffe prend un réel risque de

défaite. Elle ne vaut assurément plus ses 2 h 15’25’’ de 2003. Depuis, aucune autre athlète n’a certes fait mieux que les2 h 19’12’’de la Japonaise Noguchià Berlin , en 2005. Mais Radcliffe ne pécherait-elle pas à nouveau par excès d’impatience ? Car s’il est une chose qu’elle ne referait pas, c’est reprendre l’entraînement douze jours après la naissance de sa fille pour arriver à plein régime seulement quatre semaines plus tard. Cela lui a valu une double fracture de fatigue en bas de la colonne vertébrale et un été loin des pistes.

 

Article tiré de L'Equipe du vendredi 5 Octobre 2007

Commentaires

oué elle revient :)

Ecrit par : Nolwenn | 05 octobre 2007

bel article pour une belle athlète !

Ecrit par : webelette | 05 octobre 2007

super je l'adore! Mais dit donc courir 12 jours après l'accouchement....pas sérieux ça.je sais que c'est une sportive de haut niveau mais tout de même elle aurait pu attendre au moins minimum 3 semaines...à 1 mois...

Bon week-end Véronique.

Ecrit par : candice74 | 06 octobre 2007

t'as raison candice son retour a été trop rapide , ce qui lui a valu une belle fracture de fatigue ....

Ecrit par : riri | 06 octobre 2007

Très bel article sur une superbe championne. Merci

Ecrit par : Sarah | 07 octobre 2007

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